Biais du statu quo
Préférer l'état actuel des choses au changement
Qu'est-ce que c'est?
Le biais du statu quo est la tendance à préférer l'état actuel des choses au changement, même quand un changement nous servirait probablement mieux. Il découle de plusieurs mécanismes psychologiques : l'aversion à la perte (ce que l'on risque de perdre en changeant pèse plus lourd que ce que l'on pourrait gagner), l'effet de simple exposition (la familiarité engendre la préférence), l'évitement du regret (nous craignons davantage de regretter un choix actif qu'un choix passif) et la facilité cognitive (la situation actuelle ne demande aucun effort pour être comprise). Des études sur l'épargne-retraite ont montré que beaucoup de salariés conservent l'option par défaut, même quand un autre choix leur serait plus favorable. Dans les organisations, le biais du statu quo se traduit par une résistance à l'amélioration des processus, une réticence à adopter de nouvelles technologies et une préférence pour « on a toujours fait comme ça ». La même force rend les options par défaut très puissantes : les dispositifs dont il faut se désinscrire obtiennent généralement une participation bien plus élevée que ceux auxquels il faut s'inscrire. Les coûts de changement, réels ou perçus, amplifient le biais, tout comme les investissements déjà consentis dans la situation actuelle. Pour s'en libérer, il faut considérer l'état actuel comme une option parmi d'autres, se demander « si je n'étais pas déjà dans cette situation, la choisirais-je ? » et comparer le coût réel de l'inaction à celui de l'action.
Exemple
Rester dans un emploi que vous n'aimez pas parce que le changement semble risqué. Garder le même opérateur téléphonique malgré de meilleures offres. Utiliser un logiciel dépassé parce qu'« il marche ».
Références
Samuelson, W., & Zeckhauser, R. (1988). Le biais du statu quo dans la prise de décision. Journal of Risk and Uncertainty, 1(1), 7-59.
Kahneman, D., Knetsch, J. L., & Thaler, R. H. (1991). Anomalies : l'effet de dotation, l'aversion aux pertes et le biais du statu quo. Journal of Economic Perspectives, 5(1), 193-206.
Comment l'éviter
Doxa s'appuie sur l'IA et peut se tromper. Comment c'est construit
Si je partais de zéro, choisirais-je cela ?
Que suis-je en train de perdre en ne changeant pas ?
Est-ce que j'évite le changement parce que c'est difficile ou parce que ce n'est pas le bon choix ?
Que penserait un nouvel arrivant de notre approche actuelle ?
Quels sont les coûts cachés du maintien de la situation actuelle ?
Listez les coûts et avantages concrets de changer et de ne pas changer.
Fixez une date de révision pour reconsidérer le statu quo.
Demandez l'avis de personnes extérieures, qui ne sont pas attachées aux méthodes actuelles.
Testez de nouvelles approches à petite échelle avant un engagement complet.
Remplacez les reconductions automatiques par un choix délibéré chaque année (contrats, abonnements).
Sources scientifiques
Décisions concernées
Changer d'emploi
Le confort avec la situation actuelle peut empêcher le changement
Annuler ou réorienter un projet
Peut continuer simplement parce que c'est en cours
Déménager dans une nouvelle ville
Le confort avec le lieu actuel peut empêcher le déménagement
Faire un changement de mode de vie majeur
Les habitudes actuelles peuvent être difficiles à changer
Restructurer une équipe
La structure actuelle peut être gardée par défaut
Prendre une décision de vie majeure
Peut résister par défaut à un changement majeur
Accompagner un parent vieillissant
Peut maintenir l'organisation actuelle alors qu'elle n'est plus sûre
Choisir un traitement médical
Peut s'en tenir au traitement actuel quand le changement aiderait
Accepter une promotion
Peut refuser par confort dans le rôle actuel
Choisir une technologie ou un outil
Peut rester sur des outils familiers quand de meilleurs existent
Mettre fin à une relation
Le confort de la routine peut empêcher de partir
Planifier sa retraite
Peut garder le dispositif d'épargne actuel par habitude