Biais d'omission
Préférer l'inaction même quand l'action causerait moins de tort
Qu'est-ce que c'est?
Le biais d'omission est la tendance à juger les actions nuisibles comme moralement pires que les omissions tout aussi nuisibles (défauts d'agir). Nous nous sentons moins responsables des mauvais résultats causés par l'inaction que par l'action, même quand les conséquences sont identiques. Des expériences de pensée classiques illustrent cela : la plupart des gens trouvent plus acceptable de laisser quelqu'un mourir en n'intervenant pas que de causer activement sa mort, même quand le résultat est le même. Ce biais a des implications significatives. En médecine, les médecins peuvent être plus réticents à recommander des traitements ayant des risques connus qu'à recommander l'inaction qui produit le même risque statistique de préjudice. Dans les organisations, les managers peuvent tolérer des situations qui se détériorent (omission) tout en étant réticents à prendre des actions qui pourraient causer une perturbation comparable. Le biais a probablement évolué parce que les actions sont plus traçables aux individus que les omissions, créant une plus grande responsabilité sociale. Mais il mène à des décisions sous-optimales quand l'inaction est en réalité plus nuisible. Surmonter le biais d'omission nécessite de comparer explicitement les conséquences de l'action versus l'inaction et de reconnaître que "ne rien faire" est lui-même un choix avec des conséquences.
Exemple
Ne pas intervenir dans une dynamique d'équipe toxique parce que vous ne l'avez pas "causée." Éviter une conversation difficile qui préviendrait un plus grand tort. Laisser les problèmes s'envenimer plutôt que les traiter.
Références
Spranca, M., Minsk, E., & Baron, J. (1991). Omission et commission dans le jugement et le choix. Journal of Experimental Social Psychology, 27(1), 76-105.
Ritov, I., & Baron, J. (1992). Les biais du statu quo et d'omission. Journal of Risk and Uncertainty, 5(1), 49-61.
Baron, J., & Ritov, I. (2004). Le biais d'omission, les differences individuelles et la normalite. Organizational Behavior and Human Decision Processes, 94(2), 74-85.
Comment l'éviter
L'inaction est-elle vraiment meilleure que l'action ici ?
Quel mal résulte du fait de ne pas agir ?
Est-ce que j'évite l'action juste pour me sentir moins responsable ?
Jugerais-je l'inaction de quelqu'un d'autre comme je juge la mienne ?
Quelle est la valeur attendue d'agir vs. de ne pas agir ?
Comparez objectivement les résultats de l'action vs. l'inaction.
Considérez l'inaction comme un choix actif avec des conséquences.
Formulez les deux options comme des actions : "choisir d'agir" vs. "choisir de ne pas agir".
Calculez le regret pour les scénarios d'action et d'inaction.
Reconnaissez que ne rien faire est quand même une décision avec un poids moral.