Aversion à la perte
Ressentir les pertes plus fortement que les gains équivalents
Qu'est-ce que c'est?
L'aversion à la perte, pierre angulaire de l'économie comportementale découverte par Kahneman et Tversky, est la tendance à ce que la douleur psychologique de perdre soit environ deux fois plus puissante que le plaisir d'un gain équivalent. Cette asymétrie façonne profondément le comportement humain. Nous travaillerons plus dur pour éviter de perdre 100 $ que pour gagner 100 $. L'aversion à la perte explique pourquoi les gens gardent des investissements perdants trop longtemps (évitant de réaliser la perte), pourquoi les négociations échouent souvent (chaque partie ressent ses concessions comme des pertes), et pourquoi les consommateurs répondent plus à "ne ratez pas" qu'à "obtenez ce bénéfice." Le biais s'étend au-delà de l'argent—nous sommes averses aux pertes de statut, relations et possessions. L'effet de dotation (surévaluer ce qu'on possède) découle de l'aversion à la perte : vendre semble comme perdre. Elle crée le biais du statu quo : les pertes potentielles du changement semblent plus grandes que les gains potentiels. Elle explique aussi le comportement de recherche de risque dans le domaine des pertes—face à une perte certaine, les gens parient souvent sur de pires probabilités espérant éviter toute perte. Surmonter l'aversion à la perte nécessite de recadrer consciemment les décisions et reconnaître que notre réponse émotionnelle aux pertes est disproportionnée.
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Comprendre l'aversion à la perte : pourquoi les pertes nous affectent deux fois plus que les gains
Exemple
Refuser de vendre une action en baisse pour éviter de "réaliser" la perte. Rejeter un échange équitable parce que ce que vous cédez semble plus précieux. Travailler plus dur pour garder 100 $ que pour en gagner 100.
Références
Kahneman, D., & Tversky, A. (1979). La theorie des perspectives : une analyse de la decision en situation de risque. Econometrica, 47(2), 263-291.
Tversky, A., & Kahneman, D. (1991). L'aversion aux pertes dans les choix sans risque : un modele dependant du point de reference. The Quarterly Journal of Economics, 106(4), 1039-1061.
Tversky, A., & Kahneman, D. (1992). Avancees dans la theorie des perspectives : representation cumulative de l'incertitude. Journal of Risk and Uncertainty, 5(4), 297-323.
Comment l'éviter
Est-ce que j'évite une bonne décision par peur de la perte ?
Que conseillerais-je à un ami dans cette situation ?
Est-ce que je pèse les pertes plus lourdement que les gains équivalents ?
Quelle est la probabilité et l'ampleur réelles de la perte ?
Que manqué-je en ne prenant pas ce risque ?
Concentrez-vous sur la valeur attendue, pas seulement les pertes potentielles.
Engagez-vous sur une règle de décision avant que les émotions n'interviennent.
Reformulez les pertes comme des coûts ou des investissements plutôt que des pertes.
Calculez le résultat agrégé à long terme sur de nombreuses décisions.
Établissez des règles prédéterminées pour savoir quand couper les pertes.
Sources scientifiques
Décisions concernées
Changer d'emploi
La peur de perdre les avantages actuels peut dominer
Investir ses économies
Peut conserver des investissements perdants trop longtemps
Faire un virage de carrière
Peur de perdre l'expertise et l'ancienneté
Mettre fin à une relation
La peur de la solitude peut l'emporter sur les problèmes
Prendre une décision de vie majeure
Peur de ce qui sera perdu dans le changement
Négocier son salaire
La peur de perdre l'offre peut empêcher de négocier
Négocier un contrat
Peut faire des concessions pour éviter de perdre l'accord